Vacances or not vacances ?

Création : 16 juin 2011 Écrit par Patrick Buffet
Affichages : 322

Vacances or not vacances?Qu’ils dirigent des PME ou des multinationales, les patrons rechignent encore à partir en vacances pourtant ce havre de paix est un moment propice pour aller de l’avant.

Les vacances des managers ne devraient pas être sources d’angoisses. Elles sont dépréciées pour les mauvaises raisons et doivent juste faire l’objet d’une bonne organisation préalable. Se recentrer sur soi pour le bien de tous. Alors même si vous n'avez pas beaucoup de temps, allez vous acheter des lunettes de soleil et partez en vacances. Alea jacta est.

 

Le pourquoi du comment

Si nous nous penchons sur les statistiques, le constat est éloquent : les chefs d’entreprise sont peu nombreux à s’accorder des vacances.Selon l’INSEE, dans une enquête sur les conditions de vie, ils étaient :en 1994, 57% à partir en vacancesen 2004, 67% contre 90% pour les cadres. L’angoisse générée à l’idée de laisser l’entreprise seule pendant un certain laps de temps et la peur de l’ennui sont des freins évidents qui relèguent les vacances à un passe-temps facultatif voire à un caprice. Et c’est justement là qu’est le quiproquo : les vacances sont essentielles et nécessaires à un chef d’entreprise.

 

Prendre du recul, une affaire à mettre en avant

Les congés sont indispensables à tout bon dirigeant. Ils permettent de prendre du recul (sur soi et sur l’entreprise). Le repos offre un apaisement qui enrichit l’esprit de l’entrepreneur en plus de donner une hauteur de vue sur sa façon d’appréhender la stratégie globale de l’entreprise. En vacances, tout est possible : repenser son organisation et/ou innover. Ses meilleures idées business ?  Charles Beigbeder les a eues en vacances selon l’Usine Nouvelle n°3200 de juillet 2010.

Plus encore, partir en vacances à l’étranger permet de se confronter à des pratiques différentes et génère des inspirations nouvelles. Il est nécessaire à tout chef d’entreprise de quitter son lieu de travail, de parvenir à faire une réelle coupure avec son entreprise par un départ en vacance.

 

Une réelle plus-value pour l’entreprise

Pourquoi prendre des vacances pour le bien de l’entreprise n’est pas paradoxal ? Parce que c’est LE moment adéquat pour voir si elle fonctionne de façon autonome selon Visconti. Une valeur ajoutée indéniable : savoir s’auto-gérer en cas d’absence du leader renforce la cohésion de l’entreprise. «Elle s’arme contre les situations de bouleversement en cas d’absence inattendue du dirigeant ». Pour le patron, c’est un moyen de décompresser en paix. Pouvoir compter sur ses collaborateurs, cela nécessite un travail en amont, un réel travail d’organisation préalable. Mais, une fois structuré, cela permet, pendant ses vacances, de s’abstenir de diriger et de gérer. La stratégie rêvée pour enfin se reposer.

 

Et pour les irréductibles qui ont toujours une bonne excuse

Nous savons que le travail est une addiction pour la majorité des entrepreneurs. Pour ces workaholics, les vacances les basculent vers les valeurs fondamentales. Telle que la famille, les amis, le sport, la lecture ... Et cessons de culpabiliser. Se réinvestir dans d’autres activités, changer ses habitudes contraignantes, ralentir la cadence et revenir en forme pour manager ses équipes, c’est aussi ce qui fait un bon dirigeant. L’arrivée d’Internet dans la vie quotidienne et de ses moyens de communications immédiats et intrusifs empêchent parfois le dirigeant de se laisser aller. Il s’agit d’une fausse excuse. Couper son téléphone est, pour certain, un crève-cœur. Et même si il est préconisé 5 semaines de « vraies » vacances par an,  pour ces irréductibles, il faut organiser des vacances moins longues. Des semi-vacances pour allier le travail au temps libre jusqu’à 6 semaines par an, en fonction de sa charge de travail et des rendez vous.  Pendant mes semi-vacances, je ne suis pas au bureau mais je suis joignable par téléphone et je consulte mes mails deux fois par jours, le matin et le soir . Garder un œil sur l’entreprise tout en sirotant un mojito à Malaga, la combine parfaite.

 

Quelles sont les vacances idéales ? pour quels types dirigeants ?

Il y a deux types de vacances, les semi-vacances où le dirigeant peut prendre du temps avec famille et amis tout en restant connecté quelques heures par jour et le vacances évasion où le dirigeant s’éloigne totalement de son business pour se ressourcer vraiment, faire le plein d’énergie, de prise de recul, et ouvre des yeux nouveaux sur les actions en cours.

 

Comment faire passer le message en douceur aux collaborateurs et aux clients ? Comment s'organiser pour profiter au maximum de ce moment privilégié ?

L’idée n’est pas forcément d’expliquer en douceur à ses collaborateurs que l’on ne va pas être là mais plutôt de s’organiser de façon globale pour libérer en permanence 10% de son temps et déléguer au mieux. En mettant en place les bons leviers de motivation, les collaborateurs seront heureux de se sentir en autonomie quand leur dirigeant est absent. Et les clients ne trouveront rien à redire.

 

Un dirigeant sans vacances ça donne quoi concrètement sur du court, moyen et long terme ?

Cela donne, sur le court terme, un dirigeant stressé qui manque de recul. A moyen terme, il prend les mauvaises décisions et à long terme, il se déconnecte des potentialités de son entreprise. Ancré dans la réalité du court terme, le dirigeant sans vacances n’a plus conscience des vraies possibilités de son entreprise et rate les opportunités.Par exemple, Bill Gates prend 2 fois un jour complet par an pour se déconnecter et lire toutes les contributions stratégiques que les employées lui font parvenir.

Patrick BUFFET

Coach de dirigeant Visconti

www.visconti-coaching.com

Mis à jour : jeudi 7 mars 2013 01:57