Sous produits animaux

Une PME agroalimentaire génère différents sous-produits animaux au fil de ses activités. Chacun doit être classé, stocké dans un contenant approprié puis confié à une filière autorisée. Cette organisation quotidienne associe les équipes de production, le service qualité et le collecteur, avec des justificatifs à présenter en cas d'inspection sanitaire.

Réglementation des déchets de viande : classer les sous-produits animaux


La réglementation relative à la gestion des déchets de boucherie encadre les matières animales produites par les industriels, les distributeurs et les acteurs de la restauration. Chaque établissement doit connaître l’origine et la nature de ses flux. Cet inventaire porte notamment sur les résidus de découpe, les matières issues de la transformation, les retraits sanitaires et certains invendus.

Le classement réglementaire des sous-produits animaux attribue une catégorie à chaque matière selon son niveau de risque. La catégorie 1 relève des mesures sanitaires les plus contraignantes. La catégorie 2 englobe certaines saisies et des matières écartées de l’alimentation animale. La catégorie 3 comprend des parties d’animaux jugées propres à la consommation, mais retirées du marché pour des raisons commerciales (1) (2).

Chaque sous-produit animal doit être dirigé vers une filière compatible avec sa catégorie. Pour suivre cette orientation, l’entreprise peut renseigner dans un tableau le type de matière, sa catégorie, le contenant prévu, la zone de stockage et la destination. Les classements incertains doivent être vérifiés avant toute collecte.

Stockage et collecte des sous-produits animaux : quelles règles appliquer ?


Une zone dédiée aux sous-produits animaux réduit le risque de mélange avec les denrées alimentaires. Les contenants doivent y être fermés et identifiables au premier regard. Placée à distance des flux de production, cette zone facilite également le nettoyage des bacs et leur prise en charge par le collecteur.

Le calendrier des collectes est fixé d’après les volumes produits, le temps de conservation acceptable et les possibilités d’accès au site. Des enlèvements suffisamment rapprochés évitent que les matières s’accumulent dans les zones de stockage, où elles pourraient générer des odeurs ou attirer des nuisibles. Après chaque passage du collecteur, les bacs doivent être nettoyés selon une procédure qui désigne les personnes chargées de cette opération. Cette gestion des déchets en entreprise doit intégrer les précautions sanitaires applicables aux sous-produits animaux.

L’organisation sélectionne un prestataire agréé après avoir contrôlé ses autorisations pour les matières confiées et les opérations effectuées (3). Son statut, les catégories acceptées, les conditions de transport et la destination annoncée sont vérifiés. Des opérateurs comme SARIA prennent en charge des flux de co-produits animaux selon les besoins des établissements. Le contrat doit préciser les contenants, le rythme des passages, les conditions d’accès et la remise des documents après chaque collecte.

Traçabilité des sous-produits animaux : quels documents conserver ?


La traçabilité relie la production des matières, leur stockage, leur enlèvement et leur réception par l’établissement destinataire. Chaque expédition est accompagnée des documents requis, dont le document d’accompagnement commercial selon la nature du flux (4). Le dossier rassemble aussi les bons de collecte, utilisés pour comparer les volumes consignés avec les quantités réellement prises en charge.

Chaque opération donne lieu à une inscription dans le registre afin de suivre la matière jusqu’à sa destination. Les informations consignées servent à retrouver l’expédition et les professionnels qui l’ont prise en charge. Les justificatifs sont archivés dans un dossier connu du personnel chargé des contrôles. Si l’entreprise choisit un archivage numérique, les fichiers doivent suivre une nomenclature partagée et faire l’objet de sauvegardes régulières. Chaque mois, un contrôle repère les pièces manquantes, les écarts de quantité et les destinations inhabituelles. En cas d’erreur sur un bon, la personne chargée du suivi se réfère à la procédure prévue.

Non-conformité des déchets de viande : quels risques pour une PME ?


Lors d’une inspection, les agents examinent les contenants, les zones de stockage, les contrats de collecte et les documents de traçabilité. La réponse apportée à un écart varie selon sa gravité, depuis une demande de correction ou une nouvelle visite jusqu’à l’arrêt temporaire d’une activité. Les coûts dépassent alors la seule remise en conformité : enlèvement exceptionnel, remplacement de matériel, recherches documentaires et perturbation de la production.

Une défaillance fragilise également la relation avec les clients professionnels. Les enseignes de la grande distribution et les donneurs d’ordre réclament souvent des preuves relatives à la sécurité sanitaire et au suivi des flux. Lorsqu’un dossier est incomplet, des contrôles supplémentaires ou un audit risquent de retarder la collaboration.

Les équipes reçoivent des consignes adaptées à leurs tâches, affichées à proximité des espaces de stockage. Des contrôles internes examinent ensuite les pratiques de tri, l’état des bacs, le respect du calendrier de collecte et les justificatifs archivés. Cette surveillance régulière intègre la conformité au fonctionnement quotidien de l’entreprise, au-delà des périodes précédant une inspection.


Sources :
(1) Ministère de l’Agriculture, Les sous-produits animaux et les produits qui en sont dérivés : valorisation et élimination : https://agriculture.gouv.fr/les-sous-produits-animaux-et-les-produits-qui-en-sont-derives-valorisation-et-elimination
(2) EUR-Lex, Règlement CE n° 1069/2009 relatif aux sous-produits animaux : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32009R1069
(3) Légifrance, Arrêté du 8 décembre 2011 établissant les règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000025056078/
(4) EUR-Lex, Règlement UE n° 142/2011 portant application du règlement CE n° 1069/2009 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32011R0142