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Le candidat à la reprise d’une entreprise a toujours dû arbitrer, lors de la définition de sa politique de financement de l’acquisition projetée, entre fonds propres et emprunts bancaires. Le candidat repreneur devra d’abord définir quelle part maximale de ses disponibilités personnelles il souhaite investir en fonds propres dans l’opération de reprise. Il sera prudent qu’il ne mette pas dans l’opération toutes ses disponibilités personnelles mobilisables : en effet, il devra prendre garde à conserver un volant de disponibilités personnelles pour être à même de faire face, postérieurement à la reprise de la société cible, à telle ou telle dépense imprévue.
Si le candidat repreneur désire contrôler majoritairement la société à reprendre, il ne devra pas mobiliser plus qu’un certain montant de fonds propres extérieurs, ce montant limite étant directement fonction du montant qu’il pourra personnellement investir dans la holding de reprise. Il devra en outre considérer que souvent les investisseurs en fonds propres, et c’est notamment le cas des fonds d’investissement en capital, souhaitent obtenir avec leur investissement des taux de rendement particulièrement élevés, fréquemment supérieurs à 20 %, ce qui induit un coût élevé de ce mode de financement.
Pour compléter son financement, et pour rendre possible les forts taux de rendement ci-dessus mentionnés grâce à un puissant effet de levier financier, le candidat repreneur cherchera à obtenir auprès des établissements financiers un ou plusieurs prêts, qui ces dernières années se situaient à un taux d’intérêt de 5 à 6 %, induisant un mode de financement bien meilleur marché que les fonds propres extérieurs. Plus le montant cumulé de la dette senior sera élevé, et plus l’effet de levier sera important, au bénéfice du repreneur et des autres investisseurs en fonds propres.
Toutefois, il y aura bien entendu des limites dans ce que les établissements financiers seront prêts à prêter. D’une part le montant cumulé de l’endettement ne devra pas excéder une certaine proportion du financement de l’acquisition, cette proportion limite étant en général égale à environ 70 % ces dernières années, avant la crise actuelle dite des « subprimes ». D’autre part, le service annuel de la dette (intérêts et remboursement du capital) ne devra pas excéder une certaine proportion du cash flow prévisionnel annuel généré par la société reprise, cette proportion limite étant en général égale à environ 70 % ces dernières années, toujours avant la crise des subprimes. Il est bien entendu que les prévisions de cash flow réalisées par le candidat repreneur dans son business plan seront examinées par les établissements financiers, préalablement à la décision de prêter, avec le plus grand soin et la plus grande prudence. Enfin, les établissements financiers demanderont en contrepartie des prêts diverses garanties.
Avec la crise actuelle des subprimes, on constate sur le marché français que le secteur bancaire a tendance à chercher une réduction du niveau de ses risques sur ses engagements pour compte de tiers. Les lignes de crédit pour financer de grosses opérations de LBO et pour accompagner les fonds d’investissement en capital se sont notablement réduites. En ce qui concerne les plus petits dossiers, si l’on constate toujours un fort empressement des banques pour financer les opérations de très bonne qualité, les discussions tendent souvent à devenir moins aisées pour les dossiers de qualité moyenne ou faible. Les banques ont ainsi plus souvent tendance à exiger un apport en fonds propres égal à 40 %, voire parfois 50 %, du prix d’acquisition. Par ailleurs, elles demandent plus souvent que le service annuel de la dette ne dépasse pas 60 %, voire 50 %, du cash flow prévisionnel annuel.
Dans ces conditions, le candidat repreneur est plus souvent contraint, pour pouvoir boucler son financement, soit d’augmenter son recours aux fonds d’investissement en capital, soit d’explorer de manière plus systématiques d’autres voies, telles que par exemple l’épargne de proximité (« love money »), les aides institutionnelles (OSEO, région, département, …), les prêts d’honneur, ou encore les « business angels ».
Le candidat repreneur, lors de ces démarches, doit néanmoins garder à l’esprit la nécessité de respecter certains équilibres. Par exemple, la solution du plus grand recours aux fonds d’investissement en capital peut le cas échéant mettre en péril la position de futur repreneur majoritaire du candidat repreneur ; par ailleurs, les solutions d’aides remboursables doivent rester cohérentes des capacités prévisionnelles de génération de cash flow de la société à reprendre ; enfin, certaines aides remboursables pourront être considérés par les banques comme des quasi-emprunts bancaires, ce qui risque de conduire ces mêmes banques à diminuer leurs propres concours.
Dans tous les cas, le candidat repreneur se devra de porter le plus grand soin à la constitution d’un business plan solide et prudent, et d’être avec ses futurs co-investisseurs à la fois très transparent et très clair sur les objectifs mutuels visés.
Jean Rias – Fabrice Lange
Actoria, cabinet de conseil en cession et en transmission d’entreprise
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