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Reprendre et/ou restructurer une entreprise sur le déclin n’est pas une sinécure… Attendu par les uns comme le « Sauveur », par les autres comme le « Dégraisseur » de l’entreprise, le repreneur n’a finalement que quelques semaines pour évaluer la situation, et quelques mois seulement pour, si cela est encore possible, redresser la barre du navire et lui indiquer le cap à tenir.
Il faut, en général, « cinq semaines d’observation et huit mois d’action » dit un homme d’expérience, Alain Goetzmann, dans son ouvrage « Restructurer l’entreprise » (éditions SEFI).
Car la restructuration d’une entreprise est un marathon, ou plutôt une course … à vélo (il faut garder l’équilibre, donc rouler, coûte que coûte…) en 10 étapes, une espèce de Tour de France avec le maillot de l’entreprise, sur fond jaune évidemment. Pédalant, mais en équipe, grimpant les cols, affrontant sous la pluie les rails, les pavés, et les tournants gravillonneux, le repreneur arrivera-t-il finalement, toujours en jaune, sur les Champs Elysées ? Le Vademecum* lui est alors bien utile…
Actionnaires d’un côté, syndicalistes et employés de l’autre, chacun tire vers soi la couverture qu’est l’entreprise, quitte à la déchirer pour se retrouver le cul par terre... En oubliant un peu vite la raison d’exister de l’entreprise : ses clients à garder ou à récupérer… Le premier devoir du repreneur est bien de rappeler cette évidence : sans clients, satisfaits et fidélisés, pas d’entreprise, donc pas d’emploi, et … pas de dividende !
Changer, pour un mieux, en retrouvant une profitabilité que l’on espère pérenne, cela ne va pas de soi… Et les concurrents sont là pour savonner la planche… Soyez paranoïaque ! ose dire Alain Goetzman, érigez la pingrerie en vertu, et surtout montrez l’exemple, avec votre garde rapprochée, sans transiger sur la qualité des produits et des services vendus. Resserrant les boulons, tout en expliquant au personnel pourquoi il le fait et comment, le repreneur assume alors le rôle de DRH. Preuves à l’appui, il parle à la fois d’économie et de croissance, et partage avec les meilleurs qu’il aura su garder, une vision dynamique de l’entreprise, même si la mue est difficile. Le secret serait là, dans la transformation, sans casse supplémentaire, des énergies négatives en énergies constructives, pour sauver sa peau, et celle de l’entreprise. Changer de peau, reprendre sa liberté d’action mais dans l’entreprise pour reconquérir les clients, est ce que souhaite finalement tout le monde, si les clients répondent à l’appel. Transformer la rancœur liée à la peur de l’avenir, en travail en équipe de projet, plutôt qu’en spectateur résigné des guerres de tranchée entre direction et représentants du personnel, est une économie certaine d’énergies. « Faites la mue, pas la guerre ! » devrait être la règle, comme l’explique notre auteur, lui-même ayant restructuré sa première entreprise, qu’il venait de racheter avec ses quelques sous, à 22 ans…
Muer, en ces années de turbulence maximale, est-ce finalement muter ?
De plus en plus… Dans les industries électroniques en particulier, là où le simple maintien de la part de marché de l’entreprise exige qu’elle colle aux besoins évolutifs de ses marchés. L’industrie des portables, au sens large, incluant aussi bien les téléphones portables que les smartphone, iphone et autres ipad, est en mutation continuelle, la convergence des technologies sous la pression des demandes solvables des clients à l’échelon mondial amenant les constructeurs traditionnels à opérer des mutations rapides dans leurs process pour ne pas se faire distancer… La guerre commerciale est alors une réalité. Les restructurations sont alors des rapprochements stratégiques, et le mot d’ordre devient : « Faites l’accord, pas la guerre »
Quant à l’Amour… Il peut inspirer quelques créateurs d’entreprise au nez fin. L’échange, le troc, la rencontre, restructurent les relations entre les êtres et même les entreprises. Ainsi naissent et prospèrent des entreprises comme Meetic ou Parship, EBay ou Price Minister, FaceBook ou Ventes privées, et tout le secteur de l’économie sociale et solidaire qui a bien résisté à la Crise. L’Amour, ou la Guerre ? Laissons le mot de la fin à Jean Marc Borello (Groupe SOS) : « Il faut faire avec la réalité. Sans jamais l’accepter ! » Tout un programme, non ?
Qui convient bien aux repreneurs « agiles »…
*Pour aller plus loin : http://www.deltaintermanagement.com/page_vademecum.html
André BROUCHET Président du Club des Eco Business Angels
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