| Pourquoi l'Euro dégringole ? |
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| Écrit par Thierry Lou | ||
| Lundi, 09 Janvier 2012 08:30 | ||
La monnaie européenne était à deux doigts d’enfoncer le seuil des 1,27 dollar à la clôture de vendredi dernier (6 janvier). Elle a fait un bond de près de 2 ans… en arrière. L’optimisme des premières transactions de l’année a été balayé d’un revers de la main. La salve des rumeurs autour de la solvabilité financière des banques européennes a fait monter la pression sur les marchés financiers et l’Euro. Le sommet du G20 en octobre dernier se voulait décisif dans la gestion de la crise européenne qui avait par ailleurs coûté la tête de l’emblématique Berlusconi. Malheureusement, force est de constater que depuis la monnaie européenne a dévissé de plus de 8%.
Les raisons de cette dégringolade tiennent en quatre termes : Grèce, Italie, Espagne et agences de notation. En Grèce, la commission européenne a annoncé jeudi 5 janvier que le calendrier de versement des aides au pays serait décalé de 3 mois. Ainsi, la prochaine tranche d’aide de 5 milliards d’euros ne sera versée qu’en mars prochain, ce qui renforce l’hypothèse de l’enlisement des procédures engagées par le gouvernement de transition. Cela a été mal interprété par les marchés financiers qui ont aussitôt mis la pression sur Athènes. Le gouvernement ne cache pas par ailleurs ses difficultés à finaliser le plan de participation volontaire des banques à la restructuration de la dette grecque ainsi que la forte résistance des syndicats sur le projet de revalorisation des salaires minimum du pays. Résultat, cela a fait monter d’un cran supplémentaire la défiance des marchés sur les bancaires et la monnaie européenne. En Espagne, au pied du mur, le ministre des finances a dévoilé, dans une interview au Financial Times, que les banques du pays auraient besoin de 50 milliards d’euros de provisions supplémentaires, soit 2 fois plus que la dernière estimation ! Le premier ministre a tenté, en vain visiblement, de rassurer les marchés en indiquant qu’elles (les banques) seraient en mesure d’assumer sans aides extérieures les éventuelles recapitalisations en piochant dans leurs bénéfices. Le gouvernement a également confirmé jeudi être venu en aide « en urgence » à la province de Valence qui ne pouvait pas honorer une dette de 125 millions d’euros à la Deutsche Bank. Résultat, la banque allemande s’est effondrée en bourse de plus de 5%, ce qui entraîné un effet domino sur les banques européennes. En Italie, l’affaire d'UniCredit a exacerbé la défiance des marchés. La banque a annoncé mercredi dernier une décote de 43% pour son augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros. Rappelons qu’UniCrédit est la première banque italienne et qu’elle avait déjà fait part d’un déficit de fonds propres de près de 8 milliards d’euros, le plus élevé d’Europe après celui de Santander. Mario Monti, président du Conseil, qui avait programmé une rencontre avec Paris vendredi 6 janvier a effectué une visite inattendue à Bruxelles. De quoi alimenter les rumeurs autour de la fragilité des établissements bancaires du pays et d’une manière générale sur l’ensemble des établissements de la région du fait des relations étroites de la troisième économie européenne avec ses voisins… Enfin, les agences de notation. L’angoisse de la dégradation des signatures européennes pèse de plus en plus sur les marchés qui tentent tant bien que mal de mesurer les conséquences d’une série de dégradations qui toucherait a priori l’ensemble de l’Europe. Au vu des engagements pris pour aider les pays en difficulté, même les pays les plus solides sont exposés à cette crise de confiance. Pire, le FESF (Fonds de secours européen) pourrait en être affecté, ce qui pourrait diminuer la confiance des pays non européens, mais qui participent au financement du fonds de sauvetage européen.
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| Mise à jour le Mardi, 10 Janvier 2012 13:56 |