| Que penser du marché des actions actuel ? |
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| Écrit par Thierry LOU | ||
| Samedi, 17 Décembre 2011 17:43 | ||
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L’économie mondiale a payé les erreurs de certains financiers peu scrupuleux en 2008/2009. A présent, les entreprises et les consommateurs payent le creusement des déficits publics dû aux nécessaires plans de sauvetage massifs qui poussent les agences de notations à réévaluer la crédibilité des signatures souveraines. Même si les dirigeants européens sont parvenus dans la douleur à imposer un « pacte européen » censé garantir une discipline budgétaire forte, une intégration économique renforcée, des contrôles et des sanctions automatiques, les investisseurs continuent de défier les pouvoirs politiques européens. En cause, le manque d’initiatives à court terme. En effet, si l’Union fiscale, budgétaire et économique semble s’orienter vers une Europe plus harmonisée, saluée par les agences de notation, ces dernières critiquent l’absence de mesures décisives quant au soutien à court terme aux des pays en difficulté pour les aider à surmonter la crise de liquidités et à relancer leurs économies en grande souffrance.
Dans ce contexte, qu’en est-il du marché des actions et que peut-on en espérer pour 2012 ?Les marchés financiers ont rarement été aussi dépendants de l’environnement politique. Ils évoluent au gré des rumeurs autour des sommets européens, tantôt enthousiastes, tantôt craintives. Aussi, les investisseurs prennent-ils du recul vis-à-vis des marchés suivant le principe d’« un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » faisant fi de toutes autres considérations. Finalement, simple bon sens finalement. Mais voilà, certains indicateurs émettent des signaux intéressants et notamment la prime de risque.
Prime de risque, que signifie donc ce terme ?Au risque de voir le verre à moitié plein, il est permis d’espérer un retour haussier des marchés, ne serait-ce que pour des raisons purement techniques. En effet, la prime de risque a atteint des niveaux historiquement élevés. Essayons d’éclaircir ce point qui fait l’objet de nombreux commentaires de la part des analystes et économistes depuis quelques semaines. Jusqu’ici privilégiées par les investisseurs, les dettes obligataires des pays les mieux notés – jugées comme sûres – sont devenues très cher et à l’inverse les actifs jugés risqués, comme les actions, sont devenus peu cher et très attractifs, de quoi se pencher sur la question… Prenons un exemple pour illustrer la chose, les obligations allemandes à 10 ans qui offrent des taux proches de 2% affichent une prime de risque de -0,7% à mi-décembre 2012, ce qui signifie en d’autres termes que le risque de perte par rapport au rendement monétaire est de 0,7%. De la même manière, la prime de risque des obligations américaines est inférieure à -0,5% pour des rendements inférieurs à 2%, ce qui signifie que le risque de perte (0,5%) est extrêmement faible, mais le rendement est lui aussi très faible.
Qu’en est-il des actions ?Les valeurs européennes considérées comme risquées affichent une prime de risque de 12,3% à moyen et long terme. Le risque de perte est donc de 12,3%. Les actions américaines affichent quant à elles une prime de risque de 9,2%. La rémunération de l’investisseur est plus faible, mais le risque encouru est également plus limité.
La question suivante est de savoir : quelles sont les perspectives des entreprises ?Force est de constater que malgré la crise actuelle, les entreprises affichent des perspectives de profits toujours favorables à moyen terme. En dehors du secteur financier, l’effondrement des profits est très peu probable à long terme. Le consensus du marché attend même une hausse des bénéfices de 7% en 2012. Ainsi, même si les entreprises tout comme les marchés financiers restent otage de l’évolution macroéconomique et de décisions politiques, elles deviennent des actifs de plus en plus attractifs. J’ajouterai que les indicateurs avancés se stabilisent en Europe, certes à un niveau médiocre mais ils n’affichent pas d’effondrement comme en 2009, et ils sont orientés en hausse outre-Atlantique, ce qui est en opposition avec la situation financière saine des sociétés qui ont intégré une croissance nulle des bénéfices pour les années à venir. Par ailleurs, les actions concertées des banques centrales internationales apportent d’abondantes liquidités aux marchés et des taux d’intérêts encore extrêmement bas. Reste à savoir maintenant si le bons sens sera en mesure de reprendre le dessus sur les réactions épidermiques…
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| Mise à jour le Mardi, 20 Décembre 2011 09:39 |